Mónica Sánchez-Robles

Vues de "LUMIERE DU SILENCE"

Biographie

MONICA SANCHEZ-ROBLES 

née à Madrid le 4 mai 1964. Elle vit et travaille a Madrid

Individual exhibitions

2016. Galerie Freijo. Madrid. Luz Interior |"Color of emotions"

2013. Yusto/Giner Art Gallery. Marbella. “Color of Emotions”

2012. Egam Art Gallery. Madrid. “Instantes de luz”

2011. Laure Roynette Art Gallery. Paris. “Extrême Lumière 2010-2011”

 2011. Cortijo Miraflores. Marbella. “Isl-andia”
 2011. Espacio Pepe Pisa. Madrid. “Desde el Negro”
 2010. Alfredo Viñas Art Gallery. Málaga. “Un paseo por el desierto”

 2010. Egam Art Gallery. Madrid. ”Isl-andia”.
 2008. Festival Photoespaña 08. Egam Art Gallery. Madrid.
 2005. Parsons Paris Gallery. París.
2002. Angeles Penche Art Gallery. Madrid.
1998. Varenne Art Gallery. E.M. París.

 Collective exhibitions

2015. Serendipity, Galerie Laure Roynette, Paris

2015.Roots Python Gallery, Zurich

2015. Cini’s Foundation. Venice Art Biennale. “ Imago Mundi ”Luciano Benetton Collection

2014 Neighbours II - CAC Malaga

2013. Aina Nowack AAC. Madrid

2013. MAUS Festival. Málaga.

2013. Pinta. Modern and Contemporary Modern Art Show. Londres

2013. Art for Next Steps. Art Market and auctioning off. Paris

2012. Colectiva. Aina Nowack AAC. Madrid

2012. Art Monaco. Aina Nowack AAC. Madrid
2012. Agua. Pepe Pisa. Madrid.
2011. Egam Art Gallery. Madrid.
2010. Espacio Pepe Pisa. Madrid. “Reflejos en carboncillo”
2010. Foro Sur’10. Latin American Contemporary Art Fair, with Egam Art Gallery.
2009. Christie’s Paris. Art Auction. Sale Photo-Arsep.
2009. Foro Sur’09. With Alfredo Viñas Art Gallery.
2009. Egam Art Gallery. Madrid.
2008. Egam Art Gallery. Madrid.
2006. Runway Series Project. Runway Production. Los Angeles. California. USA. For TV series.
2004. CAC Málaga. Collective exposition with Chapman Brothers.
2003. Santander Art Fair with Angeles Penche Art Gallery.
2001. Espace Tajan . Paris.
2000. Paideia Foundation. Madrid.
1999. Flecha. Festival for the opening up of commercial spaces for art. Madrid.
1998. Galerie Louis D’Argenville. LA Rochelle.
1997. Salon Passy Plaza. Paris.
1996. Salon of the independent. Paris.
1988. Ronda City Council. Málaga.
 
Collections
 
CAC Málaga / Luciano Benetton / Pilar Citoler. Spain / Pía de Brantes. France / Dominique Mine/ 

Tomás Alía. Spain.

 

Projects

Symbiosis. Collaboration with the Argadini Association for children with autism, sponsored by the Orange Foundation.

 

 

Texte de Maurice Corcos sur "LUMIERE DU SILENCE"

ESPECES D’ESPACES

Qu’y-a-t-il à voir ? Pourquoi faudrait-il regarder ? …Quelqu’un aurait il cette folle ambition de nous faire  rêver, peut-être quelques jours, plus surement et seulement une nuit, mais entière, face à ces photos …ses images mentales ?

Pourquoi errer dans cette géographie de pistes intérieures secrètes qui n’invitent pas à la simple promenade (on ne voyage pas ici pour voir du pays ) et où l’on pressent qu’il serait dangereux peut-être mortel d’y demeurer captif… même simplement du regard. Notre propre regard ravi par celui de l’ auteur dans la fascination devant tant de beauté et jusqu'à l’horreur devant tant de solitude…. .

 

Elle, Monica Sanchez-Robles , nous invite dans ces déserts de sable et d’eau, où elle a enterré ses peines d’amour ,dans un linceul ou ruisselle aveuglément, de tant d’histoires muettes ,la lumière du silence.

Elle, Monica Sanchez-Robles, dont les plus profonds secrets à se taire, nous intime l’ordre de respirer profondément, pour être plus sensible à la musique de ce silence, tressée par le chouinement de la douleur, et les crissements nerveux de l’attente.

Elle crée un désert de papier qui n’est pas de tout repos, elle y fixe tout, pour que  rien ne lui échappe…

Ce désert couleur de lion, elle l’a connu et y revient pour savoir avec nous si elle l’aimait. Cette photo est une réminiscence qu’elle souffre d’avoir perdu de vue mais qu’elle n’oublie pas. Ce désert a été sa terre d’élection, et son terrain de jeu… elle y a ruminé avant que d’y rêver et maintenant méditer… et elle nous offre ce fruit défendu, cette plante carnivore qu’est cette photo qui a transsubstantié la chair de ce désert.

Au travers de l’image statique, la matière organique aujourd’hui murmure un silence d’enfant obstiné, et ses odeurs qui peuvent se flairer, ne sont plus désespérées d’être les témoins d’un corps porteur de mort mais aussi de renaissance.

Cette photo est, non la métaphore, mais bien la trace d’une absence illimitée où la liberté de voir s’est un jour perdue. Elle est le masque apposé sur un vide qui oblige au cri pour éviter l’étouffement : On hallucine le cri de la foudre qui ouvrirait enfin la route aux larmes ; On a envie qu’il pleuve là dedans……la trop grande symétrie des pistes désertiques,et le liseré trop parfait des lacs nous fait craindre l’enkystement du malheur dans des clichés. Les négatifs des souvenirs pétrifiés sont là pour dire, blanc sur noir ,et en creux, que tout ne peut être dit du fracas de la foudre dans une âme. Aujourd’hui encore elle s’interroge avec Perec face à ses espèces d’espaces : « Est-ce la pierre qui est devenue vivante ou la vie qui s’est mortifiée. La pierre d’où sortent les fleurs, est-ce des fleurs qui meurent ou la pierre qui revit ?

Ce dont elle se souvient était trop grand  pour  qu’elle ait pu tout rapporter, et aujourd’hui le cadre de ces photos est trop petit. La beauté sauvage qu’elle y a enfermée reste nostalgique d’une mélancolie… Mais le pari est réussi, le spectateur, comme elle autrefois y entre tout vivant, et en ressort mort de fatigue ,ayant attendu en vain le retour de quelqu’un qui traîne à revenir.

 

Maurice Corcos

Octobre 2011